Jules Laforgue, « L’Imitation de Notre-Dame la lune » et « Des Fleurs de bonne volonté »

Les 2 et 16 mars, à midi au café-librairie l’Ivraie, nous lirons des extraits de  l’ouvrage publié en Poésie / Galllimard (2007).
J. LaforgueNé à Montevideo en 1860 d’un père et d’une mère française, Jules Laforgue arrive en France à l’âge de six ans. C’est en autodidacte qu’il se tourne vers la littérature. Lecteur auprès de l’impératrice allemande Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach, il passe cinq années à Berlin avant de revenir à Paris où, atteint de phtisie, il mourra à l’âge de vingt sept ans. Il appartient au groupe dit des symbolistes.
Ses poèmes sont empreints du pessimisme et de la misogynie d’un Huysmans, colorés aux teintes de Courbet et parfumés d’humour mélancolique. Le temps y est météorologique avec des ciels bas de dimanches hivernaux.
Des formes telles que l’ode, la ballade, la complainte, la chanson, d’une métrique classique (alexandrins, octosyllabes, …) en rimes plates, croisées ou embrassées, sont souvent bousculées par l’utilisation d’expressions familières et de la langue parlée : « Tout n’en vient pas moins à la mort / y a pas de port ». C’est peut-être aussi de la fréquentation du Club de Hydropathes qu’il s’autorise allitérations burlesques (« Elle aime tant errer tard ») et calembours « Qui nous suivent […] ainsi que des Langes gardiens ».
Détours par l’humour et l’autodérision, les fantaisies d’un imaginaire en réplique à « Des Sphinx brouteurs d’ennui aux moustaches d’airain » et les jeux qui doivent leur goût à ceux de l’enfance (« […] qu’ils sont fous / Les albums ! et non incassables mes joujoux ! »), ne sont en rien des fuites et n’excluent ni la gravité ni la lucidité de leur auteur. « Mais peut-il être question / D’aller tirer des exemplaires / De son individu si on / N’en a pas une idée plus claire? ».
Aussi conformes à l’air de leur époque que soient certains poèmes de « L’Imitation de Notre-Dame la Lune », par-delà les influences traversées jusqu’aux vers libres dont on dit qu’il fut l’inventeur, l’écriture de Laforgue, est portée par une maîtrise alliée à une sincérité qui lui confèrent sa singularité.

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