Rimbaud

Crédit photographique: Christine Jegaden

Extrait du récital donné dans le cadre de Baie des plumes en août 2018 au café-glacier « Le Bris Glace » à Douarnenez.
Le bateau ivre
: vingt cinq quatrains en alexandrins ou presque (onze pieds seulement dans La A. Rimbaudcirculation des sèves inouïes), rimés en enjambements. Écrit par Arthur Rimbaud au cours de l’été 1871, ce récit d’un naufrage, puis d’un abandon plein de jouissance au dérèglement des éléments par delà les confins du fantastique et enfin d’un retour à la lucidité est considéré comme l’allégorie du poète-voyant . « Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens… », écrit-il à Paul Démeny, « …Il arrive à l’inconnu et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ». Retour critique contre la poésie romantique et les Parnassiens admirés jusqu’alors par un jeune-homme violent et provocateur. On peut certes y lire du ressentiment mais il n’est pas donné à toutes les colères d’armer des bateaux ivres.

Jacques Vincent