Lecture musicale à l’Ivraie

A-J LemonnierDimanche 17 février à 17 heures, sur l’invitation de « Poèmes bleus », Anne-José Lemonnier fera une lecture musicale de quelques extraits de ses ouvrages. Elle sera accompagnée par la contrebasse de Gérald Méreuze et la voix de Jacques Vincent.
Originaire d’Angers, Anne-José Lemonnier, est venue s’installer dans le Finistère au bord de l’océan, à Saint-Nic, entrée de la presqu’île de Crozon, où elle vit aujourd’hui. Elle exerce le métier de bibliothécaire. Le prix Georges Perros lui est attribué en 2005 pour « Falaise de proue ».
La plupart de ses ouvrages est publiée aux éditions Rougerie, « Polyphonie des saisons », dernier paru, l’est aux éditions Diabase.
Son écriture, en poésie ou en prose, qui laisse entre les lignes la part belle à la contemplation, donne au proche, au familier un goût d’éternité et à l’instant, les couleurs de l’infini : « Le temps a lavé la plage / longue et lisse de temps / qui recommence // […] //Et le mot vœu / laisse à nos lèvres / un goût d’étoile filante ». Dans ces deux stances extraites de « Gueule de poésie », chaque vers est comme une question qui vient frôler les origines avec l’air de ne pas y toucher.
« Un peu de rouille / dans les mots / gagne aussitôt / la feuille / blanche ».
Anne-José partage le présent de ses émerveillements en donnant matérialité aux mots qui les disent. Au-delà de la page, si on côtoie souvent le disparu, c’est dans la légèreté de l’accueil et jamais dans le regret. Lumière et temps y sont indissociables.
« Si ordinaire / le miracle / d’une minute / de jour en plus ».

La lecture, sur le fil mélodique de « Polyphonie des saisons » (éditions Diabase), sera aussi composée d’extraits de « Archives de neige », « Falaise de proue », « Gueule de poésie », « Une langue sauvage », « Les portes de la presqu’île » (tous des éditions Rougerie).

Crédit : Le bar à poèmes, http://www.barapoemes.net/

Marina Tsvetaeva, « Grands poèmes »

Les 2 et 16 février, à midi & demi, en partenariat avec l’association Poèmes bleus, nous lirons à l’Ivraie des extraits de « Grands poèmes » de Marina Tsvetaeva, traduit par Véronique Lossky et publié aux éditions des Syrtes en 2018. Galina Khlebik assurera la lecture en russe.

m. tsvetaeva 2Marina Ivanovna Tsvetaeva, née à Moscou en 1882 d’un père professeur d’université et d’une mère pianiste vit une enfance troublée par des conflits familiaux. Témoin de la révolution de 1917, elle mène une existence fantasque et douloureuse à la fois. Rentrée en URSS après quatorze années passées à Paris, elle est considérée comme suspecte par le régime Stalinien et ni elle ni son œuvre ne sont reconnues. Elle finira par se pendre en 1941 et ne sera réhabilitée qu’à partir des années 60.
Sa poésie narrative est faite de longs poèmes qui prennent source dans sa biographie et dans les récits légendaires. Les notes de la traductrice aident à en suivre des chemins d’autant plus accidentés que l’écriture syncopée multiplie les voix: formules laconiques, exclamations qui se chevauchent en successions d’apartés… Les poèmes, en lignes brèves, nous plongent au cœur de récits rendus parfois obscurs par cette absence de distance; écrits se voulant pour la voix, ils nous obligent à leur respiration. « […] le récit poétiques de Tsvetaeva doit être proféré. Andreï Bieley disait chanté », écrit Hélène Henry dans sa postface.
On est d’abord portés par la musique, comme conduits par celle du « Preneur de rats », puis ballotés d’une parenthèse à l’autre avant de revenir au cours du récit. « Chair entière de matière, / (Les comptes dans une reliure / En peau de chagrin) entière / Matière de la chair ». La traduction rend compte au mieux d’assonances et d’allitérations qui sont plus accentuées dans la langue russe.
Des similitudes de sons font trembler le sens, dériver les analogies mais telle une chorégraphe Marina maintient l’élan et l’unité du poème qui, par détournement du réel nous fait passer de l’autre côté des apparences, au sommet de la montagne, territoire de l’âme qui ne doit plus rien au réel.
« Dans cette maison, les fauteuils — des coursiers! / Ne pensent qu’à jeter bas leurs cavaliers / […] / Voilà à quoi pense le fauteuil, / En serrant son poing de lion! ».
« Tout poème et toute musique sont promesses d’une terre promise qui n’existe pas », écrit-elle à Boris Pasternak.

 

Yves Artufel, « il faut repeindre le moteur »

Yves Artufel, « Il faut repeindre le moteur », éditions Gros Textes, 2016.
En partenariat avec l’association Poèmes bleus, les 5 et 19 janvier 2019 à midi, nous lirons au café-librairie l’Ivraie des extraits de l’ouvrage en compagnie de Gérard Camoin, lecteur invité.
Il faut repeindre le moteurYves Artufel qui vit dans les Hautes-Alpes où il est né est aussi éditeur (Gros textes) et bouquiniste. « Il faut repeindre le moteur » a déjà été publié dans la revue Décharge.
« Comme chaque jour, il ne reste plus / qu’à nous écouter dériver », dans ce recueil de pensées flottantes qui arborent le « nez rouge du poème », chacun d’eux est un petit miroir où vient se refléter un personnage, fataliste et burlesque, « au bord de la falaise », auquel l’auteur s’adresse quelques fois : « il te reste quelque part la souvenance de sources à laquelle tu es noué ».
« Je connais un type qui cherchait aux fontaines des godasses qui consolent ». De l’ordinaire prosaïque jaillissent des étincelles d’émerveillement dont s’empare un lyrisme joueur qui prolonge la vie, l’amplifie. La langue s’écoule en charriant saveurs, senteurs et couleurs en « une boue de miracle » et entraîne dans son cours tant  d’herbes de vie qui poussent dans le « jardin des mots ».

 

 

Programme des lectures à l’Ivraie 2019

Les 5 & 19 janvier
Yves Artufel, « Il faut repeindre le moteur », éditions Gros Textes, 2016.

Les 2 & 16 février
Marina Tsvetaeva, « Grands poèmes », traduit du russe par Véronique Lossky, édition des Syrtes, 2018.

Les 2 & 16 mars
Jules Laforgue, « L’imitation de Notre-dame la Lune » et « Des Fleurs de bonne volonté », édition Poésie / Gallimard, 2007.

Les 30 mars & 13 avril
Cécile A. Holdban, « L’été » , éditions Al Manar, 2017.

Les 11 & 18 mai
Emmanuel Moses,  » Le voyageur amoureux », éditions Al Manar, 2014.

Les 1 & 15 juin
Guénane, « Ma Patagonie », éditions La sirène étoilée, 2017.

Les 6 & 20 juillet
Quatre auteurs des éditions le phare du Cousseix (diffusé par les éditions Potentille)  :
• Fabienne Courtade, « Papiers retrouvés », 2016,
• Jean-Christophe Belleveaux, « L’emploi du temps », 2017,
• Antoine Émaz, « Prises de mer », 2018,
• Étienne Faure, « Écrits cellulaires », 2017.