Samedi 4 avril 12:30 à Ti an Trouz, 8 rue Jean Jaurès à Douarnenez, en partenariat avec Poèmes bleus, nous ferons entendre des extraits de « La veine des étoiles phonétiques » de Céline De-Saër, éd. Atelier de l’agneau, 2024.
Auteur : 30minutesdinsomnie
Myriam OH (Ould-Hamouda)
Myriam OH (Ould-Hamouda) qui anime des ateliers d’écriture est aussi une comédienne diseuse de ses propres textes.
Scènes d’intérieur sans vis-à-vis, éd. Lunatique, 2021.

Parce qu’écrits dans la langue du parler courant, ce recueil de textes est destiné à être dit ou lu à voix haute.
En témoin attentive des violences qu’imposent aux êtres notre système consumériste et de celles qu’ils s’imposent à eux-mêmes pour s’y adapter, Myriam OH dresse des portraits de femmes et d’hommes dont nous pourrions retrouver certains traits dans nos miroirs.
Viviane, camille, claire, alphonse, charles, jérémy et les autres prénoms sont seuls et noyés dans la masse. Prises ou pris dans la texture de leurs névroses, aucune majuscule ne distingue leurs prénoms des autres substantifs, à l’instar de viviane qui estime ne même pas la mériter.
Accidents de la vie, échecs, déceptions, envies insatisfaites les ont enfermé(e)s et souvent sapé leur estime d’eux-même comme richard qui « ne s’aime pas / mais de se déteste pas non plus » ou charles qui toute sa vie s’est plié au désir de réussite que son père avait pour lui ou encore laurence: « son truc à elle / c’est le théâtre / pourtant elle est comptable » mais « partir ou crever à feu doux il faut / choisir ».
Le témoignage de Myriam OH, s’il a parfois le détachement de l’humour, n’est jamais moqueur ou méprisant; elle aussi comme samir « a les mains dans le cambouis de l’existence ».
Jacques Vincent
Né à Nîmes en 1950, Jacques Vincent vit à Douarnenez.
Mémographies, éditions Henry, 2024.

Jacques Vincent aime jouer. Ce recueil nous le rappelle dès son titre qui convoque la mémoire, mais nous prévient que la matière de son livre est un roman. Décidément, les frontières sont ténues, à commencer par celles qui voudraient distinguer invention et fidélité, fiction et réalité.
L’auteur le sait bien : un poème ne fait que réécrire. L’écriture première est passée, vague, lointaine. Tout ce que nous pouvons faire, c’est tamiser les mots avec nos souvenirs dans l’espoir de saisir, sans la moindre certitude, une ou deux bribes de ce que nous avons vécu.
Les mots de Mémographies (Roman) sont simples, presque banals, obstinément fidèles à ce vers de Jacques Réda dans son recueil La Tourne :
« Ce que j’ai voulu c’est garder les mots de tout le monde »
C’est à partir de ce matériau – aussi pauvre qu’illimité – que le poète, avec patience et humilité, tisse ses poèmes. La plupart sont courts et tirent justement leur grâce de leur économie, de ce qu’ils taisent. Rien de trop ici, et l’impact, le mystère n’en sont que plus vifs. Jacques Vincent parvient à rendre universels des souvenirs qui n’appartiennent qu’à lui ; seule la poésie peut à mon sens accomplir ce genre de miracle.
Étienne Paulin



