Philippe Mathy

Né en 1956, Philippe Mathy partage sa vie entre la Belgique e t la France.

Pencher le cœur, L’Ail des ours, 2026.

« Paroles qui se composent à l’écoute du frisson du vent dans les feuillages ».
C’est en promeneur qu’écrit Philippe Mathy, tous sens en éveil, accueillant le soleil, la pluie, la caresse du vent, les arbres, le chant des oiseaux, un regard, ses rêves, le courant de la Loire, … Autant de phénomènes extérieurs éveillant une intériorité, une pensée qui chemine avec le pas, la conscience de  « nos vies éphémères » dont « les jours passent en courant ». Ses notes en prose chantent la nature et la « joie d’une vie solitaire et rebelle quand les loups hurlent dans la nuit de tous les médias ». Des notes révélatrices aussi d’une quête de sens, un désir de transcendance hors de toute religion, une spiritualité: « Je n’écris que nourri de ce que je vois pourtant sûr que seul compte ce qu’on ne voit pas ».

Philippe Mathy, Pencher le cœur, L’Ail des ours, 2026.

Catherine Pont-Humbert

Catherine Pont-Humbert est aussi lectrice et conceptrice de lectures musicales.

Quand les mots ne tiennent qu‘à un fil, éd. La tête à l’envers, 2024.

« Je recompose le miroir d’anciennes images dans lequel l’enfance vient se refléter. / La source et là à portée de mes mots. »
Ainsi Catherine Pont-Humbert définit-elle sa démarche dans ces proses construites à partir de rêveries sur des accords de trois mots qui réveillent des fils de mémoire dont elle tisse des lambeaux. Recueillis et assemblés avec délicatesse (« Un tout petit rien fait tout bouger »), ils forment les sept séquences, les sept chants d’une épopée intime. La poète s’y raconte par les résonances qu’induisent les mots.
Écriture d’un vif rapport au monde, au plus proche des sensations (« Je forme des phrases à même l’eau de mer »), qui chemine par glissements associatifs (« De la raie au rai »), elle est celle d’une poète solaire qui déclare « s’être fabriquée dans le creux des mots ».

Catherine Pont-Humbert, Quand les mots ne tiennent qu‘à un fil, éd. La tête à l’envers, 2024.

Florence Saint-Roch

Née en 1965, Florence Saint-Roch vit à Saint-Omer.

Cartographies, éd. L’Ail des ours, 2024.

« Quand le monde s’étrécira / il faudra faire avec les vestiges les reliefs / les lettres rescapées sur un radeau ».
Ces textes s’appuient sur des cartographies réalisées par l’artiste Nicolas Blondel sur les pages d’un livre altérées par un séjour prolongé dans un jardin. Les saisons, la pluie, le vent, les végétaux, les insectes et les vers en sont co-auteurs.
Florence Saint-Roch s’en empare en s’immisçant à l’intérieur de ces cartes, les amplifiant, les prolongeant, les éprouvant pour se fondre dans les paysages qu’elles dessinent. L’écriture en mouvement, à la vivacité d’un récit d’aventure, décrit, commente et extrapole. Elle a pour sujet un pronom impersonnel plus étendu que l’autrice elle-même qui participe à construire ces paysages. Un sujet qui se laisse atteindre par les formes, les couleurs, les senteurs, les mots qui lui apparaissent: « on s’échauffe on s’emporte / on entre en combustion ». Un sujet qui s’émerveille: « la rivière prend feu / son parfum sauvage et violent ».

Florence Saint-Roch, Cartographies, éd. L’Ail des ours, 2024.