Françoise Louise Demorgny

« Pointillés », éditions Isabelle Sauvage, 2019.
Ces pointillés qui conduisent l’ouvrage invitent à de multiples lectures. Il peut être considéré comme recueil de poèmes en prose, chacun désigné par un mot sans pronom posé comme un point en tête de page. On peut aussi faire défiler les incipit qui surmontent chaque paragraphe, les reliant comme un long poème. Le livre est cependant construit en continuum, une avancée erratique néanmoins conduite par la ténacité d’une enquêtrice qui s’appuie sur des extraits de journaux intimes, bribes de paroles et d’instants remémorés, documents officiels et qui cheminent vers « ces morts, les miens qu’à force de vouloir je ranime / que je dérange dans leur paix éternelle ». On y croise, parmi les membres d’une famille, une tante Pierrette, ses clartés, ses obscurités, l’absence de son fils Roland et le fantôme de Rimbaud qui, comme l’auteur est issu des Ardennes, ce massif que traversent les pointillés d’une frontière. Rimbaud qui sur ses manuscrits, « …use de points de suspension » dont « chacun restitue un geste, un élan, une rage, une retenue, rend un souffle, une humeur oubliée et parle ». Flottantes et discrètes, les paroles de nombreux poètes ponctuent une écriture tout en suspensions où l’air circule si bien entre les lignes, entre les mots.
« il reste aux mots comme aux fougères cette beauté
de feu follet leurs architectures légères » 

Enregistrement publié avec les aimables autorisations de l’auteur et de l’éditeur. Musique: Magali Robergeau & Gérald Méreuze.
Lecture et mise en son: Jacques Vincent.

Hélène Dassavray

Hélène Dassavray, « Quadrature de l’éphémère », éditions la Boucherie littéraire, 2020.
Selon son autobiographie, l’auteur « Écrit donc de Provence. Chaque jour. »
L’espace, le temps, la terre, ses cycles. En quarante neuf poèmes la témoin, tous sens ouverts, nous en laisse le témoignage avant de s’effacer du paysage. Des vers libres, de peu de syllabes, qui (heureusement) ne prétendent pas au statut de haï-kaï. Le choix des mots confère une harmonie sonore à des paroles qui chantent le « parti-pris de vivre ».
« La quadrature de l’éphémère / ce que l’on sait de la beauté / un simple champ de coquelicots « 

Enregistrement publié avec l’aimable autorisation de l’éditeur. Musique: Magali Robergeau & Gérald Méreuze, lecture & mise en son: Jacques Vincent.

Yves Prié

« Esquisses pour l’hiver », in « Le miroir incertain », Yves Prié, éditions Rougerie, 1986.
L’auteur est aussi éditeur-imprimeur des éditions Folle Avoine.
Esquisses pour l’hiver est un ensemble qui, au gré de l’occupation typographique des pages, forme paysage et dans ce paysage les reliefs éprouvés de l’enfance.
« Ce pays reste doux dans le gel // Quelque chose comme l’envie / de caresser le silence // et la crainte d’y déranger / le fil d’un chemin »

Enregistrement publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.