
Samedi 19 septembre, 12:30 à Ti an Trouz, 8 rue Jean Jaurès à Douarnenez, en partenariat avec Poèmes bleus, nous ferons entendre des extraits de « L’enfant sur la berge » de Jean Le Boël, éd. la rumeur libre, 2025.

Samedi 19 septembre, 12:30 à Ti an Trouz, 8 rue Jean Jaurès à Douarnenez, en partenariat avec Poèmes bleus, nous ferons entendre des extraits de « L’enfant sur la berge » de Jean Le Boël, éd. la rumeur libre, 2025.
Né en Turquie en 1967, Reha Yünlüel vit à Strasbourg depuis 1997.
Poèmes pour quoi, éd. Henry / la Rumeur libre, 2026.

Ce livre bilingue écrit en turc, est co-traduit en français par Belkis Sonia Philonenko, Pascale Gisselbrecht et l’auteur lui-même.
De son titre, je lis au moins trois interprétations: Poèmes pour. Quoi?, indignation, Poèmes pour quoi?, doute, Poème pour quoi, destination indéterminée.
« Je suis un poète d’il était une fois » écrit Reha Yünüel dans qcm, un poème d’amour. D’amour il est souvent question dans ces textes d’une écriture alerte aux titres décalés, de la nuit aussi, avec ou sans pleine lune, dont ces poèmes pourraient être le produit. Récits, pour la plupart, parsemés de traits d’humour, parfois délirants, qui portent souvent les incongruités qu’ont les rêves et sont presque tous adressés à un être aimé absent (je suppose une femme) comme le mélancolique il pleuvait sur Mannheim.
Le poème journal intime d’amour p. 1 se termine par neuf vers qui tiennent lieu de manifeste sur le rôle à la fois dérisoire et essentiel du poète: « et tu ne sauras jamais / que je suis le tapissier en chef / d’un atelier d’espoir / dont le travail est d’appeler / les numéros seuls / dans les annuaires / la nuit ».
Au milieu de ces récits on découvre un autoportrait en métaphores qui en disent les incertitudes (j’ai froid aux pieds ma chérie) et, en fin d’ouvrage, deux pamphlets, l’un dénonçant ironiquement les conditions de vie des ouvriers (instantanés de vie sans phobie, sans toutou) et l’autre, tout aussi ironique (retourné acrobatique des 18 ans), rassemble des recommandations à un fils sur le point d’entrer dans « un monde de cannibales ».
Ludivine Joinnot vit à Charleroi où elle est née en 1979.
Notes de charbon, L’Ail des ours, 2026.

« Mes racines m’obsèdent / territoire de souvenance / maintes fois foulé / pas de regrets pas de remords / plutôt flashs sur / la photo aux bord brûlés ».
La poésie est forme privilégiée pour ces vagabondages en « territoire de souvenance », ces réminiscences qui telles « les empreintes de café se font tenaces ». Les poèmes font revivre un nous qui est d’abord un groupe d’enfants ayant grandi dans le même bassin minier de Belgique, dans les mêmes paysages de haldes, de fouilles, de friches, de roselières, de zones de combustions et de quartiers de maisons jumelles identiques. Ils en ont goûté la vie sociale, « quand noircit le charbon / près du bassin houiller / la fraternité / les fêtes interminables ».
Mobile, ce nous identifie aussi les mineurs eux-mêmes dans la rudesse de leur labeur (« nous résistons / travaillons encore et encore / faisons refaisons mille fois / les mêmes gestes »), dans leur quotidien, dans ces « jours où rien ne se passait », dans leurs solidarités aussi. Solidaire de ce nous, le je ne fait d’ailleurs que de rares apparitions. Se devine une fierté d’être de ce territoire: « nous trouvons la source / de nous particularités / au pied des terrils ».
Ouvertes sur une question à la fin du premier poème (« que savons-nous des couleurs / sur la palette des siècles? »), ces Notes de charbon se referment sur un doute qui questionne le moyen: « le silence se vit-il mieux dans le poème? ».