Étienne Faure, « La vie bon train »

Lectures des 21 & 28 septembre 2019, midi, à l’Ivraie : Étienne Faure, « La vie bon train », éditions Champ vallon, 2013.
la vie bon trainÉtienne Faure né en 1960, vit à Paris est publié chez Champ Vallon et Gallimard. Son dernier ouvrage : « Tête en bas » chez Gallimard lui a valu le prix Max Jacob en 2019.
« La vie bon train » est un alignement de pavés en prose, tous d’égale longueur, arrêtés en gare, autant de fenêtres au travers desquelles l’auteur observe arrivées, départs, montées, descentes, entrées, sorties des passagers, des travailleurs, des animaux et même des végétaux (avec ou sans bagage). Son regard et tous ses sens sont ceux d’un anthropologue méticuleux, amusé et mélancolique, soucieux d’épuiser son sujet. « Ici le temps est le plus lent du monde sous les aiguilles d’une énorme pendule qui marque par à-coups l’heure légale ». Attente et écriture se fondent dans la réalité de la gare et dans son imaginaire « comme à Pompéi ». Dans cette « enclave hors du monde », au milieu de cette « formication obsessionnelle » , l’écriture « comme les femmes infiniment dans leur sac à main fouillent et refouilleront encore, pour trouver l’objet adéquat jusqu’au départ— et remettre de l’ordre dans tout ça. ».

Calendrier des lectures, médiathèque Georges Perros, 2019/2020

Chaque premier samedi du mois, 11h30, Place de l’Enfer à Douarnenez, dans le cadre du bibio-café qui débute à 10h30.

• 2 nov. 2019
Étienne Faure, « La vie bon train », éd. Champ Vallon, 2013
• 7 déc. 2019
Claudine Bohi, « Naître c’est longtemps », éd. La tête à l’envers, 2018
• 4 janv. 2020
Ramiro Oviedo, « Fauves », éd. Corps Puce, 2017
• 1 févr. 2020
Denise Le Dantec, « La seconde augmentée », éd. Tarabuste, 2019
• 7 mars 2020
Jean-Pierre Chambon, « L’écorce terrestre », éd. Castor Astral, 2018
• 4 avr. 2020
Julien Bosc, « Le verso des miroirs », Atelier de Villemorge, 2018
• 2 mai 2020
François de Cornière, «  ça tient à quoi », éd. Castor Astral, 2019
• 6 juin 2020
Catherine Pozzy, « Très haut amour », Gallimard, Coll. Poésie / Gallimard, 2010
• 4 juil. 2020
Flora Bonfanti, « Lieux exemplaires », éd. Unes, 2018

Calendrier des lectures à l’Ivraie 2019/2020

Le samedi, midi, au café-librairie l’Ivraie, 19 rue Voltaire, Douarnenez

• 21 & 28 sept. 2019
Étienne Faure, « La vie bon train », éd. Champ Vallon, 2013
• 12 & 26 oct. 2019
Claudine Bohi, « Naître c’est longtemps », éd. La tête à l’envers, 2018
• 9 & 23 nov. 2019
Ramiro Oviedo, « Fauves », éd. Corps Puce, 2017
• 14 & 28 déc. 2019
Denise Le Dantec, « La seconde augmentée », éd. Tarabuste, 2019
• 11 & 25 janv. 2020
Jean-Pierre Chambon, « L’écorce terrestre », éd. Castor Astral, 2018
• 8 & 22 févr. 2020
Anise Koltz, « La muraille de l’alphabet », éd. Phi 2010. Lecture faite par les Louiseuses
• 14 & 28 mars 2020
Julien Bosc, « Le verso des miroirs », Atelier de Villemorge, 2018
• 11 & 25 avril 2020
Françoise Ascal, ouvrage à choisir par les Louiseuses
• 9 & 23 mai 2020
François de Cornière, «  ça tient à quoi », éd. Castor Astral, 2019
• 13 & 27 juin 2020
Catherine Pozzy, « Très haut amour », Gallimard, Coll. Poésie / Gallimard, 2010
• 11 & 25 juil. 2020
Flora Bonfanti, « Lieux exemplaires », éd. Unes, 2018

Jean Sénac, « Œuvres poétiques »

Pendant la durée du festival des minorités, les 17, 19, 20, 21, 22, 23 et 24 août à midi à l’Ivraie, nous lirons des extraits de Œuvres poétiques de Jean Sénac aux éditions Acte Sud (2019).
Jean SénacNé en 1926 à Beni Saf en Algérie d’une mère d’origine catalane et de père inconnu. Créateur ou co-créateur de trois revues : Soleil, Terrasses et Novembre, metteur en ondes à Radio Alger, il participe à la fondation de l’Union des écrivains algériens. Jean Sénac est mort assassiné le 30 août 1973 à Alger. Ce meurtre demeure non élucidé.
Le recueil publié par Acte Sud est une re-édition de celui, épuisé, de 1999, il regroupe des poèmes qui jusqu’alors étaient éparpillés dans des revues, d’autres recueils ou encore inédits. La disposition chronologique renseigne la biographie de l’auteur d’éducation catholique qui prend fait et cause pour l’indépendance de son pays et pour la révolution socialiste qu’il chantera dans des poèmes partisans. Proclamant son homosexualité, il chantera aussi l’amour des hommes. Plus tard, engagé dans l’opposition à Houari Boumédiène, les émissions de radio qu’il animait lui seront interdites et on lui refusera la nationalité algérienne qu’il avait demandée. Dès lors il se sentait menacé.
Dans l’écriture Jean Sénac va tenter de rétablir l’unité du corps et de l’âme que sépare le christianisme. Le poème devient pour lui le seul lieu de vie possible : « … On pouvait essayer de tenir le coup, de respirer dans le poème, d’être malgré ». La plupart sont adressés, à des amis, des amants, parfois à Dieu, d’autres fois au « jumeau noir en nous qui se cache et nous persécute ». Lieu du plus grand risque pour gagner l’acquittement, « Dans l’ordalie du corpoème, la bave serait-elle aussi, en fin de compte, une des données de notre « honneur » ? », à l’issue de cet ultime jugement, « nous sommes sauvés dans le langage ».
Un lyrisme porté par les élans du corps, le projette dans un rapport érotique au monde : « Je croyais n’avoir que deux bras, deux jambes, un sexe, / Tu me fais retrouver le dragon lacté / aux mille membres, les arabesques de mes sens. / Une autre parole dont le gémissement est l’inflexion première. / Syllabes sauvages et corps sauvage. »