Benjamin Guérin

Né en 1983, Benjamin Guérin vit en Aubrac.

Quand nous étions des loups, éd. de Corlevour, 2024.

Une visite de loups dans la bergerie de Benjamin Guérin est à l’origine de ce recueil construit « en suivant les loups plus loin encore que s’estompait leur pas ». S’il en peut déplorer les pertes de son troupeau, cette intrusion du sauvage anime l’écriture. Sauvage que « nous avons rejeté au loin », auquel nous laissons de moins en moins de territoires et de place en nous (« existe-t-il un humain capable d’accueillir en lui le sauvage? »).
Parfois pamphlet teinté d’ironie quant à l’état de monde d’où « il nous faudra partir », nous qui pour nous nourrir avons oublié « l’évidence du sang » pour ne voir la mort que « derrière nos emballages », les textes se déploient en six séquences. Benjamin Guérin a « remis la peau du loup / pour avancer dans les pas du monde » et choisit pour cela le moyen du poème. Il nous rappelle dans ces pages où se glissent les belles estampes de Robert Lobet que « le sauvage // n’est ni le bien ni le mal » et se fait oracle pour nous annoncer un au-delà possible de l’anthropocène (« ils sont venus les loups / nous montrer le chemin / comme des dieux égyptiens »).

Benjamin Guérin, Quand nous étions des loups, éd. de Corlevour, 2024.

2 commentaires sur « Benjamin Guérin »

  1. Merci Jacques pour cette lecture sensible d’un recueil que j’apprécie beaucoup. Je connais Benjamin, c’est un homme de bien, en osmose avec la nature et le monde. Il est aussi chercheur et philosophe, sa récente thèse porte sur le mal être existentiel, ses causes et ses remèdes. C’est un auteur qui pourrait être invité à Baie des plumes Bien à toi Jean

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