Jeanine Salesse

Jeanine Salesse

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteure.
Jeanine Salesse, « La rose de carême », éditions La part commune.

Née en 1940, habite le Val-de-marne, randonneuse et poète, elle est membre du jury d’un prix de poésie en prose, le Prix Louis Guillaume.
Quatre ensembles constituent ce recueil chacun sous-titré du mois de février d’une année différente. Poèmes bourgeons écrits entre 93 et 96, leur prose évoque des moments de marche. Le lecteur est immergé dans un temps condensé où le mouvement de l’écriture se confond avec les mouvements et les métamorphoses des choses et des êtres. Ils y paraissent non par leurs formes modestes mais par l’action qui les fait exister. « Là même où les labours remontés par le soc, on trouva une pierre polie. Nous continuons à lisser ». Marcher c’est écrire en déplacement du dehors vers le dedans, dans le paysage humanisé devenu page.
« Deux espaces, deux temps. Chacun prend ses aises, déborde, reconstruit ses paysages de bric et de broc. Ainsi s’épanouit une fleur mentale au subtil parfum d’hiver. »

Jacques Vincent

 

Éditions Tarabuste, 2019

Gilles Plazy

Publié avec l’aimable autorisation de Gilles Plazy.

Gilles Plazy, (désistement des berges)

Gilles Pazy, « (désistement des berges) », éditions La Sirène étoilée
Né au 1942, Gilles Plazy est écrivain, plasticien, poète et éditeur (La Sirène étoilée). Il vit entre Paris et Trégunc en Finistère.
« (désistement des berges) », lâcher de voix tenue par parenthèses, soixante-dix poèmes en pavés d’égales longueur ou long poème, comme l’annonce la première de couverture ? La question reste posée. Le texte progresse comme par contamination en assonances, allitérations, associations. « Ariane lance les dés » et déroule son fil de sens en « danse ailée ». « La hache des mot » nous sépara des choses (separatio : l’une des opérations alchimiques), ils nous reviennent substances à brûler (calcinatio) par le corps du lecteur en rouge, blanc, noir, les couleurs du Grand œuvre. « Un chant vient à l’orée des bouches dans la fermentation (fermentatio) des décombres », méditation dans l’attente d’un sésame qui ferait passer l’auteur de lui à lui, toi de toi à « l’autre en toi qui sommeille » et nous de nous à « l’autre en nous qui s’éveille ».

Jacques Vincent

gilles.plazy.monsite-orange.fr

lasirene.etoilee.monsite-orange.fr

Virginie Gautier

Virginie Gautier:Ni enfant ni rossignol

Publié avec l’aimable autorisation de Virginie Gautier.
Virginie Gautier, « Ni enfant ni rossignol », éditions Joca Seria
Virginie Gautier, doctorante en recherche et création littéraire, partage son temps de travail entre écriture, Paris, Bretagne et enseignement de l’écriture créative.
« Ni enfant ni rossignol » est issu d’une résidence de sept mois sur le site du Lac de Grand-Lieu en Loire-Atlantique. L’écriture y relate en prose ce que les déplacements dans ce lieu donnent à voir, entendre, sentir, imaginer. « Le lac, c’est le contraire d’une île, une contre-île. Un vide entouré d’un plein », ce plein c’est la forêt et toutes ses couches réelles, fictives ou mythologiques que l’on perçoit au-travers des sens d’une témoin au corps liquide. Les couches se superposent en transparences, laissent entrevoir comme au travers des futaies des être isolés dans des fragments narratifs reliés par le paysage dont la présence devient organique. J’ai lu ce texte comme la relation d’un rêve dont chaque « personnage » serait incarnation de la rêveuse, « ni enfant ni rossignol » mais tout à la fois.
(carnetdesdeparts.blogspot.com/)

Jacques Vincent