Née en 1947, Claudine Bohi vit entre Paris, Strasbourg et Saint-Pierre-des-Champs dans l’Aude.
Point fixe, L’Ail des ours, 2025.

Le « Point fixe », en aéronautique, désigne le temps de vérification des fonctionnements de l’appareil qui rendront possible le décollage.
« C’est un point au-dedans / pourtant il est ailleurs ». Pour Claudine Bohi, le poème est moyen d’exploration qui creuse ici ce que définit la géométrie comme la plus petite portion d’espace concevable.
Le texte s’accompagne de monotypes aux teintes contrastées d’une vigoureuse matérialité de Germain Roesz.
« c’est une immensité contenue là », cette intuition d’un lieu intime qui accueillerait tous les contraires prend existence avec l’apparition des mots qui le qualifient. L’objet invisible acquiert une présence, « il te protège // il te donne la force ». L’adresse va autant de l’auteur à elle-même qu’au lecteur que je suis. La poète m’accompagne dans la reconnaissance en moi de ce refuge si inconnu et si familier où je me rassemble, qui est à l’origine de mon être même: « sans lui tu te défais / tu te déconstruis // tu n’es plus là ».
Le poème qui donne à éprouver ce Point fixe qui a quelque accointance avec le Tao vient toucher une essentielle mémoire archaïque et découvre « une paix de sable sous la lune », ouvre la voie au possible.


