Clémentine Mélois

Clémentine Mélois, « Sinon j’oublie »,
Éditions Grasset 2017

Née en 1980, artiste plasticienne et écrivaine, membre de l’Oulipo depuis 2017, enseigne l’édition à l’École supérieure des Beaux-arts de Nîmes. Elle fait également partie de l’équipe « Des Papous dans la tête », émission de France-Culture.
Glaneuse de listes de courses tombées sur les trottoirs ou le fond des Caddy®, elle étudie les indices dont ils sont porteurs : supports, graphies, orthographe, nature de la liste, pour former des personnages qu’elle baptise et fait monologuer. Les pages paires livrent le fac-similé de la liste (un poème déjà), les impaires le texte surmonté du prénom de l’imaginaire auteur. Ces petits moments de prose se jouent des langages auxquels la langue donne lieu et nous renvoient, en en moquant les traits, aux candeurs et aux maladresses de notre propre humanité. Si les flèches sont parfois cruelles, les personnage après tout lui appartiennent.

Extraits publiés avec l’aimable autorisation de l’auteur. Musique: Magali Robergeau & Gérald Méreuze, lecture & montage: Jacques Vincent.

Victor Hugo

V. Hugo, Les contemplations

Extraits des la lectures des « Contemplations » des 2 et 16 juin 2018 à la librairie l’Ivraie, autorisation de publication transmise par intermédiaire médiumnique.
Présentations à l’Ivraie les 2 et 16 juin 2018: Victor Hugo, « Les contemplations », éditions Poésie/Gallimard.

Victor Hugo (1797, 1885) appartient au « romantisme », mouvement dont il incarnera toutes les mutations.
Les contemplations, composé à Jersey et paru en 1856 est un recueil-testament dont les poèmes, de prosodie classique, s’inscrivent dans une continuité. L’histoire d’une âme y est relatée en deux parties: Autrefois et  Aujourd’hui. Aux idylles et contemplations panthéistes teintées de mélancolies (« Oh! que ne suis-je encore le rêveur d’autrefois, / qui s’égarait dans l’herbe et les prés et les bois ») succède une plongée dans l’ombre. « Rêveur sacré », le poète s’aventure dans des abysses, par la « bouche d’ombre » converse avec les esprits pour établir un pont entre le cosmos et l’intime. Il s’achemine en interrogeant toute la création pour donner figure à Dieu, se conformant en cela à l’idée romantique du poète-prophète (« Depuis quatre ans, j’habite un tourbillon d’écume, / Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j’écrivais « ).
« Hélas! j’ai fouillé tout. J’ai voulu voir le fond / Pourquoi le mal en nous avec le bien profond ». Au sortir de ce chemin initiatique, dépouillé du poids de la quête, « Le contempleur, triste et meurtri, mais serein, / […] / … regarde pensif, s’étoiler de rayons, / De clartés, de lueurs vaguement enflammées, / le gouffre monstrueux plein d’énormes fumées. » Derniers vers, image fantastique d’où on verra paraître le vingtième siècle.

J. Vincent

Jeanine Salesse

Jeanine Salesse

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteure.
Jeanine Salesse, « La rose de carême », éditions La part commune.

Née en 1940, habite le Val-de-marne, randonneuse et poète, elle est membre du jury d’un prix de poésie en prose, le Prix Louis Guillaume.
Quatre ensembles constituent ce recueil chacun sous-titré du mois de février d’une année différente. Poèmes bourgeons écrits entre 93 et 96, leur prose évoque des moments de marche. Le lecteur est immergé dans un temps condensé où le mouvement de l’écriture se confond avec les mouvements et les métamorphoses des choses et des êtres. Ils y paraissent non par leurs formes modestes mais par l’action qui les fait exister. « Là même où les labours remontés par le soc, on trouva une pierre polie. Nous continuons à lisser ». Marcher c’est écrire en déplacement du dehors vers le dedans, dans le paysage humanisé devenu page.
« Deux espaces, deux temps. Chacun prend ses aises, déborde, reconstruit ses paysages de bric et de broc. Ainsi s’épanouit une fleur mentale au subtil parfum d’hiver. »

Jacques Vincent

 

Éditions Tarabuste, 2019