Victor Hugo

V. Hugo, Les contemplations

Extraits des la lectures des « Contemplations » des 2 et 16 juin 2018 à la librairie l’Ivraie, autorisation de publication transmise par intermédiaire médiumnique.
Présentations à l’Ivraie les 2 et 16 juin 2018: Victor Hugo, « Les contemplations », éditions Poésie/Gallimard.

Victor Hugo (1797, 1885) appartient au « romantisme », mouvement dont il incarnera toutes les mutations.
Les contemplations, composé à Jersey et paru en 1856 est un recueil-testament dont les poèmes, de prosodie classique, s’inscrivent dans une continuité. L’histoire d’une âme y est relatée en deux parties: Autrefois et  Aujourd’hui. Aux idylles et contemplations panthéistes teintées de mélancolies (« Oh! que ne suis-je encore le rêveur d’autrefois, / qui s’égarait dans l’herbe et les prés et les bois ») succède une plongée dans l’ombre. « Rêveur sacré », le poète s’aventure dans des abysses, par la « bouche d’ombre » converse avec les esprits pour établir un pont entre le cosmos et l’intime. Il s’achemine en interrogeant toute la création pour donner figure à Dieu, se conformant en cela à l’idée romantique du poète-prophète (« Depuis quatre ans, j’habite un tourbillon d’écume, / Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j’écrivais « ).
« Hélas! j’ai fouillé tout. J’ai voulu voir le fond / Pourquoi le mal en nous avec le bien profond ». Au sortir de ce chemin initiatique, dépouillé du poids de la quête, « Le contempleur, triste et meurtri, mais serein, / […] / … regarde pensif, s’étoiler de rayons, / De clartés, de lueurs vaguement enflammées, / le gouffre monstrueux plein d’énormes fumées. » Derniers vers, image fantastique d’où on verra paraître le vingtième siècle.

J. Vincent

Jeanine Salesse

Jeanine Salesse

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteure.
Jeanine Salesse, « La rose de carême », éditions La part commune.

Née en 1940, habite le Val-de-marne, randonneuse et poète, elle est membre du jury d’un prix de poésie en prose, le Prix Louis Guillaume.
Quatre ensembles constituent ce recueil chacun sous-titré du mois de février d’une année différente. Poèmes bourgeons écrits entre 93 et 96, leur prose évoque des moments de marche. Le lecteur est immergé dans un temps condensé où le mouvement de l’écriture se confond avec les mouvements et les métamorphoses des choses et des êtres. Ils y paraissent non par leurs formes modestes mais par l’action qui les fait exister. « Là même où les labours remontés par le soc, on trouva une pierre polie. Nous continuons à lisser ». Marcher c’est écrire en déplacement du dehors vers le dedans, dans le paysage humanisé devenu page.
« Deux espaces, deux temps. Chacun prend ses aises, déborde, reconstruit ses paysages de bric et de broc. Ainsi s’épanouit une fleur mentale au subtil parfum d’hiver. »

Jacques Vincent

 

Éditions Tarabuste, 2019

Gilles Plazy

Publié avec l’aimable autorisation de Gilles Plazy.

Gilles Plazy, (désistement des berges)

Gilles Pazy, « (désistement des berges) », éditions La Sirène étoilée
Né au 1942, Gilles Plazy est écrivain, plasticien, poète et éditeur (La Sirène étoilée). Il vit entre Paris et Trégunc en Finistère.
« (désistement des berges) », lâcher de voix tenue par parenthèses, soixante-dix poèmes en pavés d’égales longueur ou long poème, comme l’annonce la première de couverture ? La question reste posée. Le texte progresse comme par contamination en assonances, allitérations, associations. « Ariane lance les dés » et déroule son fil de sens en « danse ailée ». « La hache des mot » nous sépara des choses (separatio : l’une des opérations alchimiques), ils nous reviennent substances à brûler (calcinatio) par le corps du lecteur en rouge, blanc, noir, les couleurs du Grand œuvre. « Un chant vient à l’orée des bouches dans la fermentation (fermentatio) des décombres », méditation dans l’attente d’un sésame qui ferait passer l’auteur de lui à lui, toi de toi à « l’autre en toi qui sommeille » et nous de nous à « l’autre en nous qui s’éveille ».

Jacques Vincent

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