Ludivine Joinnot

Ludivine Joinnot vit à Charleroi où elle est née en 1979.

Notes de charbon, L’Ail des ours, 2026.

« Mes racines m’obsèdent / territoire de souvenance / maintes fois foulé / pas de regrets pas de remords / plutôt flashs sur / la photo aux bord brûlés ».
La poésie est forme privilégiée pour ces vagabondages en « territoire de souvenance », ces réminiscences qui telles « les empreintes de café se font tenaces ». Les poèmes font revivre un nous qui est d’abord un groupe d’enfants ayant grandi dans le même bassin minier de Belgique, dans les mêmes paysages de haldes, de fouilles, de friches, de roselières, de zones de combustions et de quartiers de maisons jumelles identiques. Ils en ont goûté la vie sociale, « quand noircit le charbon / près du bassin houiller / la fraternité / les fêtes interminables ».
Mobile, ce nous identifie aussi les mineurs eux-mêmes dans la rudesse de leur labeur (« nous résistons / travaillons encore et encore / faisons refaisons mille fois / les mêmes gestes »), dans leur quotidien, dans ces « jours où rien ne se passait », dans leurs solidarités aussi. Solidaire de ce nous, le je ne fait d’ailleurs que de rares apparitions. Se devine une fierté d’être de ce territoire: « nous trouvons la source / de nous particularités / au pied des terrils ».
Ouvertes sur une question à la fin du premier poème (« que savons-nous des couleurs / sur la palette des siècles? »), ces Notes de charbon s’achèvent sur un doute qui questionne le moyen: « le silence se vit-il mieux dans le poème? ».

Ludivine Joinnot, Notes de charbon, L’Ail des ours, 2026.

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