Jean-Christophe Belleveaux

Jean-Christophe Belleveaux, né en 1958 à Nevers où il réside fut un grand voyageur.

Dernier domicile connu, éd.Tarmac, 2026.

« J’habite mon cadavre »: première phrase de ce recueil qui nomme d’emblée le dernier domicile connu, expression consacrée qui induit la recherche d’un individu en fuite ou disparu, à l’instar de L’année du singe, l’un des textes, rapport parodique d’une filature.
La quête « Sans sens / dans tous les sens » se fait en neuf ensembles de poèmes en vers ou en prose, à la poursuite de « celui / qui fuit qui fuit ». Dans une tonalité tragi-comique, ils vont « Voguant / vers un peu plus d’absence / un peu plus d’absurde ». L’auteur qui écrit préférer « boucan tohu-bohu / âcres fumées grand chambard » au savoir-vivre, s’avance dans l’écriture avec « une canne blanche métaphorique » et laisse venir toutes assonances et allitérations, laissant déraper le sens sur toutes homophonies, paronymies, homonymies, tout calembour qui électrisent ces poèmes auto-biographiques et parfois dionysiaques. 

Jean-Christophe Belleveaux, Dernier domicile connu, éd.Tarmac, 2026.

Jean-Christophe Belleveaux

Jean-Christophe Belleveaux, né en 1958 à Nevers où il réside fut en grand voyageur.

L’imposture, Les carnets du dessert de lune, 2025.

« Ce livre propose néanmoins en quatre parties une énonciation du rapport intime au monde dans lequel s’inscrit toute posture poétique ainsi qu’un méta-texte, le rapport particulier à la langue étant indissociable de l’écriture poétique. » écrit J.-C. Belleveaux en fin d’ouvrage. Antonin Artaud nous avertit en incipit que « Toute l’écriture est de la cochonnerie » mais L’imposture est néanmoins encadrée.
Quatre parties donc, les deux premières en prose, en vers les deux dernières. Dans chacune revient incessamment la question du réel et de sa représentation par l’écriture, l’un et l’autre toujours mis en doute, la langue pouvant parfois leur inventer un espace commun (« je farfouille à la lisière de l’anacoluthe »). Ce doute qui est aussi moteur de la philosophie s’en prend autant au je « insupportable » qu’à la poésie elle-même « reconnue comme telle par on ne sait qui ». Ce doute me serait à moi-même insupportable s’il n’était emporté par une écriture tellement musicale qui donne toute sa mesure dans de jubilatoires énumérations et qui ouvre un monde dans lequel « ainsi bancales, les choses sont plus belles ».
À l’instar de Denis Heudré le préfacier de ce livre, je souhaite que l’imposture qu’est cette présentation vous le fasse aimer.

Jean-Christophe Belleveaux, L’imposture, Les carnets du dessert de lune, 2025.

Jean-Christophe Belleveaux

Jean-Christophe Belleveaux, « L’emploi du temps », éd. le phare du cousseix, 2017

Jean-Christophe Belleveaux, dans L’emploi du temps déplie, en de petits pavés de prose comptés, une pensée flottante qui s’appuie sur les preuves ordinaires d’exister vécues à la troisième personne du singulier.
« Le crépitement de la pluie revient au revers des alphabets, des littératures, façonne le présent (qui n’existe pas et qui dure)».
Le poète Julien Bosc, décédé en septembre 2018, était l’éditeur. Les livrets qu’il publiait, chacun en un seul cahier de seize pages non cousues, composées en linotypie sur un vergé ivoire et tirés en deux cents exemplaires numérotés, étaient des objets précieux. Ils l’étaient aussi par le choix des auteurs. Ces livrets sont maintenant disponibles aux éditions Potentille.

Jean-Christophe Belleveaux, « L’emploi du temps »,
éd. le phare du cousseix, 2017.