Anita Conti, « les vaisseaux du hasard », éd. Diassane 2020
Des chants témoins d’une intériorité qui se libère, vit et se déploie en haute-mer. « Nous avons à nos pieds / Fixé des sandales de vent » Un montage de certains des poèmes de ce recueil font l’objet d’un projet de spectacle monté par la compagnie L’arbre à fil.
Extraits publiés avec l’aimable autorisation de Laurent Girault-Conti. Musique: Magali Rogergeau et Gérald Méreuze, lecture et montage son: Jacques Vincent.
Jacques Vincent lit « Assonances de l’enfant sous la lune », poème extrait de « Les vaisseaux du hasard », éditions Diassane, 2020. Vidéo produite par le Port-musée de la ville de Douarnenez, publiée avec l’aimable autorisation de l’éditeur.
Kikuo Takano, « Haut dans le ciel », traduction de Philippe Démeron à partir de la version italienne de Paolo Lagazzi et Yasuko Matsumoto, éditions RAZ, 2020.
Des poèmes comme prières sans demande tendues vers l’insaisissable. … je t’ai appelé / « Dieu! », puis « paroles! ». / Tant de fois je t’ai appelé / « néant! », puis à nouveau « paroles! ».
Extraits publiés avec l’aimable autorisation de l’éditeur. Musique: Magali Robergeau et Gérald Méreuze, lecture et montage: Jacques Vincent.
Un homme se meurt. Un artiste sur un lit d’hôpital. La douleur. Le besoin de s’accrocher à la vie. Alors il dessine. Toute la journée il dessine une chaise. Toujours la même chaise multipliée dans un trait qui se fait de plus en plus malhabile. Drôle de chose que cette chaise en paille. Fragilité de la paille et en même temps symbole de stabilité. Allongé dans son lit l’artiste voit cette chaise comme un espoir. Sortir d’ici pour s’asseoir devant le chevalet. Pour ne pas se laisser prendre par la nuit. Cet homme c’est Roberto Cedrón, peintre et sculpteur, mais aussi marionnettiste, comédien, metteur en scène et décorateur de cinéma argentin, ayant fui vers la France la dictature des généraux et ayant vécu à Douarnenez où il poursuivit ses activités de peintre affichiste et graveur jusqu’à sa mort en 2018. Un homme se meurt et ses amis viennent le voir, dont Jacques Vincent, architecte de formation, puis graphiste, illustrateur et enseignant en art appliqués. La poésie et la pratique de l’écriture sont constantes sur son parcours. Alors, lors de ses visites à l’hôpital au chevet de son ami, il note ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Il sait la mort proche. Il saisit chaque instant dans la dignité et sans larmoiements.
Un autre ami, Philémon Le Guyader, créateur des éditions RAZ éditions, décide de regrouper les textes de Jacques Vincent et les chaises de Roberto Cedrón pour en faire un ouvrage-hommage. Si Jacques Vincent est l’auteur du texte et Roberto Cedròn l’illustrateur, ce sont les mots les véritables illustrateurs de cet ouvrage. Les mots qui dépeignent parfaitement le sursaut de vie qui anima Roberto Cedrón à la fin de ses jours. « Attendre que le corps épuisé puisse les gestes du dessin. La main, avant l’outil, apprécie le grain du papier – sa main dit-on – arpente le territoire pour en prendre la mesure. » Bien sûr, il y a l’émotion de la fin de vie. « Il me remercie pour ma visite. Je le remercie à mon tour pour ce qu’il me donne. Sans savoir quoi ajouter je le laisse à son sommeil. » « Si un dessein se dessine c’est pour en changer » et pour cela on s’accroche aux détails du quotidien. Une chaise peut bien faire l’affaire, elle qui dit le repos, le visiteur, les gestes du menuisier et du vannier qui l’ont fabriqué. La chaise, cet « infime territoire où tout redevient possible ». Cette image peut tout aussi bien convenir à la poésie de Jacques Vincent. Cet ouvrage est un bel hommage à l’amitié. Si tous les malades en fin de vie pouvaient tous être aussi bien accompagnés…