Hend Jouda

Née à Gaza en 1984, Hend Jouda est réfugiée en Égypte depuis 2024.

Gaza Ö ma joie, Héros-limite, 2025, (traduction: Mireille Mikhaïl et Henry Jules Julien).

« Pas d’alliance entre moi et l’obscurité qui frappe / […] / J’étire mes artères vers le soleil / Comme un arbre ». Ainsi, avec courage, contre ceux qui « voulaient et veulent toujours que ce soit une terre / sans habitants », se tendent vers la lumière les poèmes de Hend Jouda.
Elle veut reconnaître en ces épreuves un possible chemin de transformation (« Certains chagrins nous rendent heureux »), donne parole à la ville de Gaza pour nous dire ses « jours qui semblent ne plus passer », ses déceptions (« Nous savons seulement que / La civilisation humaine perd conscience ») et un désarroi proche de la folie (« Je marche en moi avec l’assurance des fous / Comme un papillon approche sa mort en dansant »). Elle formule une supplique (« Ne nous abandonne pas à tes crocs errants ») à ce monde qui « nous roule dans un joli papier et nous fume / Nous laisse cendre sur les trottoirs sales » et dans sa lassitude imagine un retour aux origines (« Montre ta côte manquante / Je veux retourner dans ta cage thoracique / Je n’en peux plus de ce manque »).
Par ces textes, nés du fond de l’obscurité, nous apparaît Gaza et ses lumières, ses lumières qui résistent malgré tout: « Elle — femme amoureuse / Fille déjà mûre / Mère qui n’a pas de mère / Au lait tari / Ne nourrit ni ne chante / Mais elle brille… elle brille ».

Hend Jouda, Gaza Ö ma joie, Héros-limite, 2025,
(traduction: Mireille Mikhaïl et Henry Jules Julien).